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Le Service départemental des Archives de la Moselle (siège, rappelons-le, de notre Société) présente une passionnante exposition consacrée à l'évacuation des Mosellans en 1939-1940. À voir à Saint-Julien-lès-Metz et à Sarreguemines jusqu'au 31 janvier 2010.

Dans le cadre du 70e anniversaire de l'évacuation, le Conseil général de la Moselle, en partenariat avec la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences, organise une exposition retraçant cette histoire particulière souvent méconnue du public. Au travers des documents réunis et commentés, mais également grâce à diverses manifestations d'accompagnement, peuvent être appréhendées les grandes phases de l'évacuation, depuis son organisation préalable durant l'entre-deux-guerres jusqu'au retour de la majorité des personnes concernées en septembre-octobre 1940.

Zone rouge

Le 1er septembre 1939 marque le début de l'attaque allemande contre la Pologne. En France, et plus particulièrement en Alsace-Moselle, cette date correspond au déclenchement d'une première vague d'évacuation de la population, celle de la «zone rouge». Cette bande de terre d'une dizaine de kilomètres de large, située le long de la frontière en avant de la ligne Maginot, avait été volontairement sacrifiée lors de la construction de la ligne défensive afin d'éviter tout incident diplomatique avec le voisin allemand.

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Les autorités politiques et militaires, soucieuses de préserver la population de la zone et de laisser le champ libre au mouvement des troupes, avaient élaboré un certain nombre de plans devant permettre une évacuation, ordonnée si le contexte international l'exigeait. Ainsi, en quelques heures, les habitants de la zone rouge durent quitter leurs villages pour être acheminés vers les lointains départements de la Vienne, de la Charente et de la Charente-Inférieure, ainsi que, dans une moindre mesure, de la Loire, de la Saône-et-Loire et du Pas-de-Calais.

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À partir du 10 mai 1940, le déclenchement de la bataille de France entraîna une seconde vague d'évacuation, celle de la zone arrière de la ligne Maginot. Au total, les deux phases confondues, plus de 300.000 Mosellans durent quitter leur foyer, soit la population de 300 communes.

Photographies : en haut, deux jeunes Mosellans évacués, sur les bords de la Charente (collection Schaub) ; au milieu, l'école pour les réfugiés ; en bas, aide aux réfugiés mosellans de la Charente.

Exposition visible au Service départemental d'archives de la Moselle, à Saint-Julien-lès-Metz et à la Médiathèque de la Communauté d'agglomération Sarreguemines Confluences.