Germaniste et archéologue mosellan, Alain Simmer est l’auteur de plus de soixante-dix articles scientifiques et d’une dizaine d’ouvrages commercialisés. Membre de la SHAL et docteur en histoire de l’université de Lorraine, il développe deux grands domaines de recherches : le haut Moyen Âge et le germanisme mosellan. Il publie aux éditions des Paraiges le tome XXX des Mémoires de l'Association française d'archéologie mérovingienne Aux sources du germanisme. La fin du mythe de la colonisation franque le fruit de sa thèse intitulée Peuplement et langues dans l'espace mosellan de la fin de l'Antiquité à l'époque carolingienne.

Les « Grandes Invasions » ont longtemps été considérées comme une mainmise germanique sur la Gaule. Or, ce concept est aujourd’hui totalement dépassé et ces invasions ne sont plus perçues que comme une erreur d’interprétation qui reposait sur une construction historiographique fautive du xixe siècle. La conquête de la Gaule par les Francs se résume à une simple prise de pouvoir politique, sans aucune dimension ethnique ni démographique.

L’étude des origines du germanisme mosellan suppose une approche indispensable des rapports véritables entre germanité et romanité, débarrassés des a priori de l’historiographie traditionnelle, et une réflexion sur un territoire, non plus en tant que résultante de pseudo-invasions, mais comme une entité propre. La toponymie mosellane apparaît comme un héritage antique, où la germanisation s’efface devant la romanisation.

L’espace mosellan relève ainsi d’une « cité-diocèse » marquée par un bilinguisme ancestral, et dont la toponymie se fait l’écho. On redécouvre alors la pérennité de centres ancestraux issus du passé médiomatrique, dont l’agencement général était encore parfaitement lisible dans le paysage régional jusqu’à la Révolution, et qui ont conservé toute leur importance, même au sein des structures chrétiennes du diocèse.

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