25 ans après la disparition brutale d'Yves Le Moigne, l'émotion reste intacte devant l'absence et le vide de ce bel esprit des Lumières de Metz. Né le 7 juin 1935 à Rixheim (Haut-Rhin), Yves Le Moigne fut un éveilleur et un dénicheur de talents. Doué d'un humour décapant et d'une finesse d'analyse, il débuta en 1965 sa carrière universitaire au Collège littéraire universitaire de Metz. Dès lors, son engagement pour la construction et le rayonnement des institutions universitaires messines sera total, perinde ac cadaver. Homme infatigable et animé de l'ambition de toujours mieux servir l'Alma Mater, il a été de tous les combats qui ont ponctué la croissance de l'enseignement supérieur à Metz.

Pour des générations d'étudiants, il restera un modèle, un maître. Pour ses collègues, une haute figure appréciée, un ami. Pour tous, il était "un érudit de classe", comme l'avait déjà détecté avec perspicacité Eugène Voltz. Le "territoire de l'historien" Yves Le Moigne est d'abord celui du moderniste, c'est-à-dire l'étude des XVIe-XVIIIe siècles. Mais il s'est toujours gardé d'en rester prisonnier. Son profond désir de connaître l'homme, dont rien de ce qui le touche ne le laissait indifférent, et son esprit très épris de liberté ne pouvaient que le conduire à explorer les voies de l'histoire en amont et, plus encore, en aval de sa période de prédilection.

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AVT_Francois-Yves-Le-Moigne_4119Yves Le Moigne (1935-1991)

Président de la Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine de 1979 à sa mort, il s'est dépensée pour elle sans compter. Adaptant la SHAL aux mutations de l'environnement culturel, sans cependant renier ses missions traditionnelles, il rénove les Cahiers Lorrains, décentralise à partir de 1981 les assemblées générales, crée ou recrée les sections de Boulay-Bouzonville, de Sarreguemines et de Forbach, lance en 1978 les Journées d'Etudes Mosellanes, dont la 37e édition vient de stenir à Sarreguemines.

Il meurt d'une attaque le 13 novembre 1991, il y a un quart de siècle. Déjà.