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L'accueil des visiteurs de la SHAL au Parc archéologique

(Photo Philippe Brunella)


Depuis 2008, les fouilles ont repris au Parc archéologique européen de Bliesbruck-Reinheim, dans le Sud de la Moselle, afin de mettre au jour de nouveaux éléments de la petite cité gallo-romaine. Le 26 août, les membres de la SHAL étaient conviés à une visite approfondie du chantier, ainsi que de l'exposition «Présents du passé», qui se tient jusqu'au début du mois de novembre.


La fouille de 2008 a été réalisée en partenariat avec l’Université de Parme et l’équipe du Professeur Sara Santoro et portait sur une parcelle située au centre du « forum » de Bliesbruck. Elle s’inscrit également dans le Projet Collectif de Recherche 2007-2009. Son objectif est de vérifier le bien-fondé des hypothèses faites à la suite de prospections aériennes et géophysiques.

Une fontaine monumentale

12 m 6 m Elle a permis de dégager un édifice en demi-cercle de de diamètre, ouvert à l’est. Un local rectangulaire, de de long et également ouvert à l’est, déborde de ce demi-cercle. Ce plan particulier et certains éléments architecturaux suggèrent qu’il s’agit d’une fontaine monumentale construite dans la deuxième moitié du IIe siècle et abandonnée à la fin du IIIe siècle ap. J.-C.

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Ce type d’édifice est plutôt rare en Gaule et souvent lié à des thermes publics. Comme dans les thermes de Cluny à Paris, de Constantin à Arles et les thermes impériaux de Trèves, bien sûr plus imposants, la fontaine située devant la façade des thermes est sur le même axe qu’eux. Les fouilles futures diront si le système d’alimentation des thermes était lié à celui de la fontaine. Sa situation centrale sur la place publique devant les thermes et sa monumentalité soulignaient le rôle de l’eau dans la culture romaine et le caractère urbain de l’agglomération secondaire.

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La visite du site, conduite par Jean-Paul Petit, directeur du Parc archéologique ;

parmi les participants, Dominique Gros, maire de Metz et conseiller général de la Moselle (2e en partant de la gauche)

(Photo Philippe Hoch)


Au cours de la campagne 2009, qui vient de s'achever, la fouille de la fontaine et de ses abords immédiats s'est poursuivie et s'est étendue vers l’est pour mieux comprendre la fonction du local rectangulaire. Un sondage a été effectué sur le grand bâtiment à plan basilical qui ferme la place au nord, afin de vérifier son plan, d’identifier sa fonction et son devenir après le Haut-Empire. Les recherches ont été menées cette année sous la direction scientifique de Jean-Paul Petit  directeur du Parc et vice-président de la SHAL, et Sara Santoro, la direction opérationnelle étant confiée à Sophie Casadebaig, conservateur du patrimoine, et Barbara Sassi et grâce à la participation d’une dizaine d’étudiants de l’Université de Parme et d’une dizaine d’étudiants d’universités françaises.

Programme triennal

 

L’exploration du forum a été menée dans le cadre d’une opération programmée pour les années 2009-2011. Cette opération tri-annuelle se poursuivra en 2010 avec le sondage sur le bâtiment qui ferme la place au sud, pour vérifier là encore son plan, sa fonction et son devenir après le Haut-Empire, et en 2011 avec le sondage sur le chemin empierré qui traverse la place en oblique et sur l’espace le long de la voie principale dans l’axe de la place, qui paraît non bâti au vu des prospections géophysiques. Ce programme pourra être modifié pour tenir compte des résultats des prospections géophysiques et des analyses géoarchéologiques effectuées à la fin de 2008. D’autres sondages pourraient ainsi être envisagés sur le secteur immédiatement au sud des thermes pour y vérifier l’hypothèse de la présence d’un sanctuaire.

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Au premier plan, Sara Santoro, professeur à l'Université de Parme

(Photo Philippe Hoch)


Ces différentes campagnes de fouilles et de sondages sur le centre public de l’agglomération secondaire de Bliesbruck visent à connaître la nature et l’organisation de tous les bâtiments qui s’y trouvent, afin de mieux comprendre les fonctions de celle-ci. - Marie-Claude Achkoyan