Boches_ou_tricolores_Salon_Grandhomme

Le 90e anniversaire de la fin de la Première Guerre mondiale - et, pour les départements annexés, du retour à la France - suscite une avalanche de publications. Parmi les nouveautés, signalons Boches ou Tricolores : les Alsaciens-Lorrains dans la Grande-Guerre, sous la direction de Jean-Noël Grandhomme, paru à Strasbourg, aux éditions de la Nuée Bleue (22 €). Parmi les vingt-cinq auteurs de cet ouvrage collectif, figurent plusieurs historiens mosellans. On trouvera, ci-dessous, le texte de la quatrième page de couverture de cet ouvrage.

Pas facile d'être «Alsacien-Lorraine» en 1914, quand éclate la Première Guerre mondiale ! À côté de quelques minorités actives - les nostalgiques de la France d'un côté, les germanophiles convaincus de l'autre - il y a la majorité silencieuse des habitants des trois départements et secteurs annexés au Reich en 1871. Ils eurent à composer avec une réalité complexe, souvent à risques. Et, après 1918, rien ne fut simple non plus.

C'est à une véritable plongée dans la société alsacienne-lorraine saisie par la guerre qu'invite ce stimulant travail historique collectif. À quelques encablures de la ligne de front, quelle fut la vie quotidienne des Alsaciens-Lorrains ? Quelle a été l'attitude des intellectuels, celle des prêtres ? Au travail ou à l'école, sur le front ou dans les camps de prisonniers, les Alsaciens-Lorrains ont été marqués par le poids d'un destin particulier. Ils ont été incorporés dans des bataillons allemands sur tous les fronts d'Europe, ils ont été internés en Allemagne, suspectés de francophilie, d'autres ont été arrêtés en France, poursuivis pour sentiments pro-allemands. Aucune famille n'a été épargnée par les douloureux basculements de nationalité.

Ce sujet délicat, peu traité jusqu'à présent, est saisi sans tabou par vingt-cinq historiens. Ils apportent des éclairages variés, passionnants et souvent inédits sur le sort des «Alsaciens-Lorrains» dans la Grande-Guerre, «demi-Boches» pour les uns, «têtes de Français» pour les autres.

Textes de : Isabelle Bardiès-Fronty, Jean-Jacques Becker, Georges Bischoff, Romain Boxberger, Pierre Brasme, Benoît Bruant, Vincent Bullière, Françoise Collanges, Marie-Noëlle Denis, René Epp, Francis Grandhomme, Jean-Noël Grandhomme, Michel Hau, Paul-André Havé, Thérèse Krempp, Claire Lebailly-Birsinger, Jean-Pierre Legendre, Gisèle Loth, Jean-Paul Périer-Muzet, Georges Philippot, Francis Rapp, Pierre Schill, Joseph Schmauch, Nicolas Stoskopf, Pierre Vanau.

Par une loi du 18 juin 1871, l’Alsace-Lorraine devient un Reichsland ( terre d’empire) représenté par un président supérieur ( Oberpräsident). Jusqu’en 1890, l’intégration au Reich manifeste de nombreux refus et protestations marquant la vie politique de l’Alsace-Lorraine. L’école devient obligatoire, avec l’allemand comme langue obligatoire ; le français n’est plus enseigné que quelques heures, avant que l’enseignement bilingue ne soit supprimé en 1873. Bismarck mène une lutte farouche contre l’Eglise catholique à partir de 1872, c’est-à-dire une mainmise de l’Etat sur l’enseignement ce qui va inciter le clergé à appeler les fidèles à voter pour des candidats protestataires lors des élections du Reichstag ( assemblée législative) de février 1874. Cette mobilisation va permettre d’élire quinze protestataires à l’assemblée législative.

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Une table-ronde autour de cette publication aura lieu le

jeudi 11 décembre à 18 h00

aux Récollets de Metz

recollets

sous l'égide de l'Académie nationale de Metz, de la Société d'Histoire de Woippy et de la Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine (SHAL). Elle sera animée par François Cochet, professeur d'histoire contemporaine à l'Université Paul Verlaine - Metz.

Entrée libre.