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À l'heure où l'on parle si volontiers du patrimoine et de la nécessité qui s'impose à nous à la fois de l'étudier selon des méthodes scientifiques éprouvées et de le protéger de manière efficace afin de le transmettre aux générations futures, il importe de souligner que la Société d'Histoire et d'Archéologie de la Lorraine a joué un rôle pionnier dans ce domaine.

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L'amphitéâtre romain de Metz

Cliché Prillot

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Guillaume II

 

Durant ses premières années d'existence, la sauvegarde des monuments historiques constitue en effet un objectif prioritaire pour les animateurs de la Société. Cet intérêt rejoint celui que les membres de la Gesellschaft für lothringische Gechichte und Altertumskunde, selon son appellation de l'époque, vouent à l'archéologie et aux fouilles. Ces recherches de terrain se trouvent menées sous la direction de spécialistes réputés, formés aux techniques de pointe et jouissant « de la caution scientifique de hautes autorités ». Le chantier de l’amphithéâtre de Metz, que viendra visiter l’empereur Guillaume II, sera mené sous leur conduite.

Un réseau de correspondants

Emile_HuberPar-delà l'annexion de la Lorraine mosellane à l'Empire allemand, l'investissement des membres de la SHAL dans le travail archéologique est demeuré une tradition, perpétuée au fil des générations d'adhérents. « Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, souligne Jeanne-Marie Demarolle, les archéologues de la S.H.A.L. disposent d'énormes pouvoirs […] en matière de décision et d'organisation du travail. » En 1956, la SHAL met en place un réseau de « correspondants » chargés d'œuvrer au sein des circonscriptions archéologiques, de diriger des fouilles, puis d'en publier les résultats.

Le domaine gallo-romain, évidemment privilégié, ne fut d'ailleurs pas seul à bénéficier de l'attention des archéologues amateurs (puis parfois professionnels) membres de la Société.

L’enrichissement des collections des musées

Le produit des investigations archéologiques, mais aussi des dons effectués par des adhérents, ont considérablement enrichi, surtout durant les premières décennies, les collections publiques, en particulier le musée de Metz, mais aussi la maison de la Monnaie de Vic-sur-Seille, qui était la propriété de la S. H. A. L. ou encore le musée de Sarrebourg, dont la création même doit être mise en rapport avec l'engagement de sociétaires, tout comme le musée de la Tour-aux-Puces de Thionville. La vigilance des membres de la S. H. A. L., leur souci patrimonial, ont souvent permis d'éviter de fâcheuses dispersions et la disparition d'objets intéressants, contribuant de la sorte à la sauvegarde du patrimoine mosellan. - Ph. H.

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À lire : Jeanne-Marie Demarolle, « Des vestiges et des hommes : un siècle d'archéologie mosellane au sein de la S.H.A.L. », dans : Journées d'études mosellanes, X, Rencontre du centenaire (1888-1988), Metz-Bitche, 30 septembre-1er octobre 1988, Actes, Les Cahiers lorrains, Metz, 1990, n° 3-4.

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Nos illustrations : Visite de l'empereur Guillaume II sur le chantier de fouilles de l'Amphithéâtre à Metz, le 16 mai 1903, Archives départementales de la Moselle ; l'amphithéâtre romain de Metz, cliché Prillot ; Émile Huber, vice-président de la Gesellschaft et le major Schramm, membre du comité, à l'amphithéâtre de Metz en 1903. Archives départementales de la Moselle.