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Louis Kuchly et Sylviane Collin

photo Jean Achereiner

Une visite impromptue de la section de Sarrebourg de la Société d’Histoire et d’Archéologie de la Lorraine (SHAL) à Lixheim, a donné à son président Louis Kuchly l’idée de se pencher de façon plus pointue sur le passé de cette localité. En bon inspecteur des écoles qu’il a été, il a fouillé et compulsé une masse de documents ayant trait à l’objet de son étude. Ses investigations sont venues à leur terme.

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Lixheim

photo extraite de villages de France

Le résultat en est la production d’une monographie de fort belle facture qui fait revivre les pages les plus marquantes de ce village. Et une conférence a déroulé de longs siècles chargés d’événements assez singuliers. Bien sûr, parler de Lixheim ne pouvait se faire sans remonter plus loin dans le temps, à une époque où existait déjà la localité qui est à présent connue sous l’appellation « Vieux-Lixheim ». C’est là sans conteste que se trouvait un prieuré bénédictin dès le XIIe siècle. Louis Kuchly a abondamment enrichi ses trouvailles par une heureuse illustration, puisant tour à tour dans les gravures et les cartes  anciennes, puis dans des photos du siècle passé, et enfin dans les prises de vue actuelles. Le tout aboutit à faire remonter des profondeurs de l’oubli la vie de ce lieu qui fut une principauté. En effet, en 1629, l’empereur Ferdinand II avait érigé Lixheim en principauté d’Empire, ce qui conférait à ses seigneurs le titre de prince. Le plus connu de ces princes sera une femme, Henriette de Lorraine, princesse de Lixheim. Elle pourra même frapper monnaie !

Trois religions cohabitent

Au fil des événements, les seigneurs et propriétaires du lieu vont réussir à faire habiter en assez bonne intelligence trois communautés d’obédience religieuse différente, les catholiques, les protestants et les juifs. Il s’ensuivra l’édification de lieux de cultes pour chaque religion : une église, un temple et une synagogue y trouveront leur place. Du point de vue économique, au cours des âges, Lixheim semble toujours avoir joué dans les environs proches un rôle primordial, tant du point de vue du commerce que de l’agriculture. Un artisanat industriel y sera florissant, celui de la broderie et tout spécialement des ornements sacerdotaux. Ce seront des religieuses, qui dirigeront au début du siècle dernier « La Maison industrielle » dont il ne reste que les belles réalisations. Une école de couture et de cuisine y a été tenue jusque dans les années 1950/60, de même qu’un centre d’enseignement postscolaire agricole. Pour terminer sa présentation des plus belles pages de la cité, Louis Kuchly mentionne encore trois figures éminentes issues de ces lieux : un prélat bâtisseur, Mgr Joseph Trouillet (1809-1887), un missionnaire martyr au Tibet, Nicolas Krick (1819-1854) et un grand rabbin de France, Isidore Lazare (1813-1888).

Théobald de Lixheim

Il revint à Sylviane Collin de compléter l’exposé de M. Kuchly par la présentation d’un remarquable peintre verrier, Théobald de Lixheim (1455-1505). Ce moine artiste a réalisé de véritables chefs-d’œuvre dans l’art du vitrail. Ses productions peuvent être admirées à la collégiale de Fénétrange, à l’église Saints-Pierre-et-Paul à Obernai, à Walbourg (67) et surtout à la cathédrale de Metz, où un vitrail portant sa signature atteste sa contribution à la réalisation de la belle fresque verrière de la travée nord. Ce personnage, tombé lui aussi dans la nuit de l’oubli, est revenu en pleine lumière grâce au travail de Sylviane Collin et de Louis Kuchly. - Jean Achereiner