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Dr Johannes Schmitt (à gauche) et Gérard Michaux (photo Philippe Hoch)

Dans le cadre de la VIe Rencontre transfrontalière d'histoire régionale, qui s'est tenue à Saarwellingen (Sarre), le 31 mai 2008 (voir message du 2 juin), Gérard Michaux, vice-président de l'université Paul Verlaine - Metz et vice-président de la S. H. A. L. a prononcé une communication portant sur «La Lorraine, la Sarre et les enjeux européens au temps de Stanislas». En voici le résumé. - Ph. H.

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Du XVIe siècle au XVIIIe siècle, l’espace lorrain est un territoire complexe dû à l’enchevêtrement des limites administratives et politiques, héritées de l’histoire, et de l’interpénétration des frontières. Progressivement, se sont dégagées deux entités : les Trois-Evêchés, rattachés au royaume de France en 1648, et le duché de Lorraine, dont le territoire englobe une partie de la Sarre actuelle. Mais il subsiste en Lorraine des enclaves appartenant à des princes allemands.

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Place Stanislas, à Nancy (photo Philippe Hoch)

Depuis le milieu du XVIe siècle, l’espace lorrain est devenu un enjeu politique majeur pour la monarchie française, qui occupe le duché de Lorraine à trois reprises entre 1633 et 1714. La Lorraine constitue même un des pivots stratégiques essentiels de la politique européenne de la France. De retour dans ses États, le duc Léopold travaille tout au long de son règne (1698-1729) à fortifier le duché et à renforcer son indépendance. Pour cela, il entend pratiquer une politique d’équilibre entre la France et l’Empire des Habsbourg, qui se traduit par la signature en octobre 1728 d’un traité de neutralité.

Le grand marchandage diplomatique

À partir des années 1730 le duché de Lorraine se retrouve au cœur des enjeux géopolitiques européens. La question est bien celle d’une certaine idée de l’équilibre européen continental entre les puissances traditionnelles d’une part (France, Autriche, Espagne, Angleterre) et au regard de l’émergence de puissances nouvelles (Russie, Prusse) d’autre part. La Lorraine devient une monnaie d’échange dans le grand marchandage diplomatique auquel se livrent les grandes puissances européennes au lendemain de la crise ouverte par la succession de Pologne en 1733. À l’issue de longues négociations à Vienne (1735-1738), le duché de Lorraine revient à Stanislas, avant d’être définitivement réuni à la France en 1766.

Afin de simplifier le tracé des frontières, le traité de Vienne de 1736 avait fixé le principe d’échanges territoriaux. Plusieurs traités et conventions d’échanges entre la France et les princes germaniques, conclus entre 1766 et 1786, devaient remodeler la frontière entre Lorraine et Sarre. – Gérard Michaux

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